Reconsidérer l’autisme et accorder aux personnes autistes le droit d’être soi

Et le droit à leur mode de vie autiste. On parlait d’adaptation, on parle d’inclusion. Tout est bien. Mais qu’entend on derrière ?

On veut faire entrer les autistes dans la société, et pourquoi pas faire entrer la société dans le monde de l’autisme ?
Non personne n’y pense. On parle en politique de faire vivre aux élus la vie d’une personne au RSA, on ne ferait pas expérimenter à ceux qui parlent d’inclusion ce que ressent une personne autiste.
Et pourtant avec un peu de volonté on pourrait. On peut créer les conditions de découverte, compréhension, mais qui ira voir, qui ira sentir, qui ira entendre?

On ne va pas exiger d’une personne en fauteuil qu’elle marche (bien qu’on puisse se demander quand on voit le manque flagrant d’aménagements). Pourquoi demande t’on à une personne autiste de se fondre dans la masse des relations sociales?
De passer sa journée dans des salles de classe surchargées, des cours bruyants, des cantines bondées?

De travailler toute la journée au milieu des autres?

De devoir vivre au milieu de personnes dont elle ne peut pas comprendre les modes de fonctionnement, parce qu’ils sont non dits?
Qui s’imaginerait plonger toute la journée, toute la semaine, toute l’année ou presque dans un environnement qui le désoriente, qui le perturbe, qui atteint douloureusement ses sens et tenir sans s’effondrer ?

Personne, et pourtant c’est ce que l’on attend des personnes autistes.
Alors on parle de les aider à s’adapter, on les éduque avec des méthodes qui les entraînent à faire « comme il faut » .

Que veut dire ce « comme il faut » ? Ne pas être remarqué ?
On part de théories sans savoir ce qu’ils vivent et ressentent.

On leur interdit le sport parce qu’ils ne sont pas capables d’en faire, on les classifie « Asperger, Kanner, non verbal, déficient » et de temps à autre, on trouve une personne classée autiste déficiente qui se révèle avoir un QI bien au dessus de la moyenne, elle avait juste besoin qu’on lui fournisse un moyen de communication adaptée.
Travaillons a créer des lieux qui soient des univers vivables pour les autistes, tous les autistes sans exception.
La société se réveille sur le sujet de l’autisme, ne relève, à tort que les « Asperger ». S’y intéresse, se posent des questions comme, est-ce que ces personnes autistes peuvent apporter un plus au développement économique? Et à quel prix pour eux ! Vouloir les faire travailler en entreprise?! Alors que développer le télé travail serait une solution d’adaptation adéquate à leurs besoins ?
Pourquoi toujours vouloir qu’ils aient des interactions sociales (autant que les autres)?
Pourquoi vouloir toujours modeler l’autre à son image?

Respecter la singularité, respecter le handicap qui rend si singulier, c’est aussi faire progresser ce monde, parce qu’il a sacrément besoin d’humanité.
« Sur mes cahiers d’autiste, j’écris ton nom Liberté », pour une légitime revendication au droit d’être.

Po’Oz veut créer ce lieu, le premier de, nous l’espérons, une longue série. Où les personnes autistes pourront se poser, pour un temps court ou indéfini, vivre dans un environnement qui leur soit harmonieux. Où les familles pourront venir retrouver les leurs, ou passer des vacances avec leurs enfants à besoins particuliers, sans le regard appuyés de ceux qui ne savent ni ne comprennent, un havre de paix, une pause magique, la pause du magicien d’Oz, le lieu de Po’oz tout simplement.

Nous y travaillons, avec persévérance, sans relâche, comme le laboureur travaille la terre pour faire naître la moisson, calmement, mais surement.

A ceux qui ont envie de participer à ce grand projet, rejoignez nous, soutenez nous, en nous faisant connaître, financièrement, en organisant des actions pour nous aider.. Lorsque ce lieu sortira de terre, il sera aussi un peu le vôtre, parce que vous y aurez participé.

Monique Chardin,
Présidente de Po’oz Jeunes